Appel de textes – 15 décembre 2026
Autour de sœur Saint-Louis
Au cœur de la ville de Québec, dans un espace rarement visité, repose un joyau patrimonial méconnu qui constitue pourtant un important legs datant de la période de la Nouvelle-France, soit la chapelle Notre-Dame-des-Anges. Dans cet espace cultuel rattaché d’abord aux récollets, puis aux augustines de l’Hôpital général, est conservé un étonnant ensemble de panneaux peints ornant le bas lambris, tant au niveau de la nef que du chœur. Ceinturant l’espace religieux, ces œuvres représentent des scènes profanes, principalement des paysages dépourvus de figures humaines et de références religieuses explicites.
Bien que les circonstances de leur réalisation demeurent lacunaires, l’historien de l’art Gérard Morisset (1898-1970), dans La peinture traditionnelle au Canada français, s’interroge sur la possibilité d’attribuer ces peintures à sœur Saint-Louis (née Marie-Madeleine Maufils, 1671-1702), augustine de l’Hôtel-Dieu de Québec[1]. Il fonde notamment cette hypothèse sur les Annales de l’Hôtel-Dieu qui, en quelques phrases consacrées à la religieuse, indiquent qu’elle reçut une formation en peinture – sans toutefois préciser l’identité de son professeur – et qu’elle réalisa des paysages[2].
Malgré l’intérêt de cet ensemble de peintures conservé à la chapelle Notre-Dame-des-Anges, et en dépit des rapprochements qui peuvent être établis avec différents paysages préservés à l’Hôtel-Dieu de Québec et attribués à sœur Saint-Louis, plusieurs questions demeurent ouvertes quant à leur attribution, leur datation, leur fonction et leurs conditions de réalisation. Des découvertes récentes, liées à la restauration d’une peinture à l’Hôtel-Dieu en novembre 2025, ainsi que différentes publications consacrées à cette production singulière[3], ont contribué à renouveler l’intérêt pour sœur Saint-Louis et pour les pratiques picturales auxquelles son nom est associé. À cet effet, au-delà de la question de l’attribution, le cas de sœur Saint-Louis et les peintures qui lui sont associées permettent d’ouvrir une réflexion plus large sur la création artistique féminine, les pratiques picturales en contexte religieux et la place du paysage dans la culture visuelle de la Nouvelle-France. Le dossier thématique « Autour de sœur Saint-Louis » souhaite ainsi réunir des études qui permettront de mieux comprendre les conditions de production, de circulation, de réception et de conservation des images et les conceptions du paysage dans les milieux religieux et coloniaux de la fin du XVIIe siècle à la Conquête.
Les études spécifiques ou comparatives portant sur cette période et s’inscrivant dans l’un ou l’autre des axes suivants sont les bienvenues :
- La création artistique féminine et la place des femmes dans les pratiques artistiques
- Les pratiques picturales et les apprentissages artistiques au sein des communautés religieuses
- La circulation des modèles, des images et des savoir-faire
- Les rapports entre paysage, espace religieux et sacré
- Les représentations du paysage et la culture visuelle en Nouvelle-France
- Les représentations du paysage en contexte colonial
- Les matériaux, techniques et pratiques de fabrication des œuvres
- Les fonctions, usages et modes de réception des images dans les communautés religieuses
Les études soumises pourront porter sur une œuvre, un corpus, une pratique ou une étude de cas permettant d’éclairer l’un ou plusieurs de ces enjeux. Les approches interdisciplinaires et comparatives sont également encouragées.
Date de soumission des manuscrits : 15 décembre 2026
Les textes, incluant les résumés, mots-clés et biographie de l’auteur.rice doivent être soumis à partir de la plateforme : Open Journal System
Protocole de rédaction : Protocole
Courriel : Revue Le Carnet. Histoires de l’art
Le Carnet. Histoires de l'art
Le Carnet est la seule revue savante consacrée à la recherche en histoire de l’art au Québec, espace complexe, mouvant et pluriel. De toutes les périodes, les études qui se penchent sur les liens entre le local et le global et qui privilégient des perspectives transnationales ou transculturelles sont encouragées. Les histoires de l’art du Carnet sont ouvertes à des horizons méthodologiques qui travaillent aux seuils des disciplines.